mercredi 15 septembre 2010

LIVE: Marvin / Papier Tigre / Pneu / Electric Electric @Molodoï

14/09/2010


Chouette soirée de rentrée pour les concerts, avec des groupes qui sonnent (presque tous) mieux en live que sur disque, ça devient pas si commun.

Je suis arrivé au milieu du set de Marvin, apparemment ils tirent au sort l'ordre de passage sur chaque date et bon, ben hier soir c'est Marvin qui a commencé. Du demi-set que j'ai entendu reste l'impression que les nouveaux morceaux teintés de prog 70s sont quand même moins bien que ceux des débuts (qui déchirent grave).

Ensuite, Papier Tigre, très bonne surprise, malgré un chant qui ne m'a pas vraiment convaincu (question de gout). Son sec, très 90s (touch & go/dischord) tout fonctionne sur la répétition de riffs acérés. Les deux guitares se complètent parfaitement et la dynamique créée fait s'envoler certains morceaux très très haut.

Après, Pneu, déjà vus l'an dernier à Stimultania, toujours complètement impressionnants -ça m'a fait penser à Marnie Stern, le côté guitar hero (pas le jeu) / Baba O'Riley sous speed- ça joue super vite et super fort. J'ai moins accroché ce coup-ci à cause du mec qui faisait le tour du groupe (qui jouait au centre de la salle) en crowdsurfing. Ca déconcentre et Pneu, même si c'est quand même facile d'accès pour du Math-rock, il faut suivre un minimum pour rentrer dedans.

Et pour finir, grosse déception de la soirée, Electric Electric (c'était ma première fois) qui avaient un son horrible, grosse bouillie inaudible. J'espère les revoir dans de meilleures conditions pour me faire une idée.

Soirée organisée par Radical Calin.

Marvin: http://www.myspace.com/marvinband
Papier Tigre: http://www.myspace.com/papiertigre
Pneu: http://www.myspace.com/pneupneu
Electric Electric: http://www.myspace.com/electricelectricband

lundi 16 août 2010

Three Mile Pilot - The Inevitable Past Is The Future Forgotten

Alors que j'essayais vaguement de trouver des choses à dire sur les nouveaux Arcade Fire et Walkmen, déboule ce disque épatant qu'on attendait pas, ce qui fait vraiment plaisir par les temps qui courent.

Three Mile Pilot c'est l'ancien groupe du chanteur de Black Heart Procession et du mec de Pinback qui n'est pas Rob Crow. Donc ils ont fait des disques et après ils se sont occupés de leurs nouveaux groupes (ce qui est marrant c'est que c'est à partir de ce moment là que Black Heart Procession a commencé à être moins bien) et là ils reviennent à leurs premières amours et ça sonne comme Pinback avec le chanteur de Black Heart Procession (c'est d'ailleurs assez incroyable de voir à quel point ça sonne comme Pinback, on a tendance à tout mettre sur le dos de Rob Crow et là il est pas là et ça sonne comme Pinback avec juste un autre chanteur). Loin d'être un trip nostalgique, ce disque fonctionne comme une potion réjuvénatrice pour tout le monde, on retrouve l'inventivité sèche de Pinback qui accueille ci et là un piano bienvenu et le chant désenchanté de Pall Jenkins, qui a rangé ses pantoufles et est au mieux de sa forme depuis un bon bout de temps. Puisant dans le meilleur de leurs expériences, sortant de leurs zones de confort, ils poussent plus loin qu'à leurs habitudes et réussissent un très bon disque pour accompagner ce drôle d'automne aoutien.

http://www.myspace.com/threemilepilot

mercredi 30 juin 2010

Wavves - King of the Beach


J'ai vu Wavves s'autodétruire au festival Primavera l'an dernier, et du coup ça m'a bien conforté dans l'idée que c'était un coup de buzz pour rien, que "So Bored", son chouette tube n'était qu'un accident etc. Et puis ça permet de cracher sur des trucs en ayant l'impression d'avoir raison, ce qui est au final très rassurant.

Mais raison je n'avais visiblement pas, vu que "King of the Beach", son deuxième disque, est une petite merveille pop-punk ensoleillée, dans laquelle toutes les critiques (en vrac "imposteur", "lâche", "faux punk") sont désamorcées par une auto-dépréciation omniprésente. Visiblement il se rend bien compte qu'il n'est, en gros, qu'un loser et ça le rend complètement attachant, ralliant ses détracteurs en priorité. C'est très 90s dans l'esprit, entre Nirvana (la dépréciation, mais moins premier degré) et le Greenday des débuts avec une chouette production entre lo et hi-fi et des gros tubes, jouant, à l'ancienne, sur les décalages son clair/saturé et tout ça, malgré ces relents nostalgiques, est assez incroyablement rafraîchissant et nous sort un peu du marasme mou de ces deux dernières années. Super disque de piscine.

jeudi 3 juin 2010

Shugo Tokumaru - Port Entropy

Shugo Tokumaru a sorti Port Entropy, son dernier disque, il y a peu (au Japon). Ça sonne comme un gars avec plein de talent coincé dans un coffre à jouets. Il y a plein de xylophones, de toy pianos, de sifflets en tous genres et ce n'est, il faut le faire remarquer, pas insupportable. Disons qu'au contraire de groupes comme CocoRosie où les jouets servent à masquer la médiocrité de l'ensemble et donner un côté Colette/Elle/"Ouah c'est trooop cute!", ici ils sont utilisés pour servir les morceaux -quitte à justement lever le pied lorsque nécessaire- dans une tradition pop très classique -sauf qu'au japon il y a pas la place pour les orchestres de cordes. L'atmosphère est printanière, ça sonne comme des roulades dans des champs de coquelicots, quelque chose de très onirique, la traversée d'une ville où toutes les machines feraient des petits bruits jolis. Mais encore une fois, ces arrangements ne font pas tout, il y a derrière tout ça de superbes chansons ciselées avec un vrai amour du travail bien fait, un perfectionnisme étourdissant et une vraie recherche quasi-expérimentale, savamment camouflée par les arrangements, qui donne à l'ensemble tout son sens.

Pour preuve, l'incroyable "Rum Hee", morceau bondissant en forme de douce chute libre, juste vertigineux, dont j'ai décidément beaucoup de mal à me remettre:

mercredi 2 juin 2010

Liars @Laiterie

18/05/2010


Je mentirais si je ne disais pas que j'ai été un peu déçu par ce concert des Liars. Pas tant par le concert en lui même que par tout ce que mes copains m'en avaient dit -"c'est des gros malades" / "c'est incroyable" etc. Du coup je m'étais imaginé un truc de malade / incroyable. Et incroyable ce ne fut pas, bien que ce fusse bien.

En première partie, Fol Chen, en uniformes rouges, ont oscillé entre supers morceaux -en gros, ceux avec de la trompette- morceaux pas mal et morceaux pas bien (les slows). Au début je m'étais dit que j'allais acheter leur disque pour voir, mais en fait ils les vendaient à 25 euros ce qui est beaucoup trop cher pour un achat découverte. Donc ouais pas mal.

Liars ensuite, mieux mais presque trop classique. Ils étaient 5, ce qui fait deux de plus que les trois de base, ce qui a permis de jouer sur les niveaux mais qui a aussi un peu nuit à leur set en remplissant les vides et arrondissant les angles. Donc sec ce ne fut pas, leur set a surtout tourné autour de leurs deux derniers disques, dans lesquels il y a de chouettes morceaux-bulldozers et pas trop autour de Drum's Not Dead, dans lequel il y a des morceaux magnifiques qui prennent le temps de se laisser découvrir, et qui auraient bien contrebalancé l'ambiance au final très simplement rock du concert. Alors oui, il y a aussi eu des super morceaux et dans l'ensemble c'était quand même un très bon concert, mais il a manqué cette touche de folie qui a fait de leurs meilleurs disques de véritables chefs-d'œuvres. J'en suis sorti content mais avec la drôle d'impression que de n'avoir vu qu'une ou deux facettes de ce groupe dont la force est justement d'en avoir plein.

Liars: http://www.myspace.com/liarsliarsliars
Fol Chen: http://www.myspace.com/folchen

mardi 1 juin 2010

Trois disques.


Suckers, vite avant que tout le monde m'en dégoute (c'est pour bientôt) . Groupe de Brooklyn, le disque s'appelle Wild Smile. Ça sonne comme rien, ou plutôt comme pleins d'autres trucs en vrac, et pourtant c'est familier comme les bons disques savent l'être. Le chanteur arrive à canaliser les esprits du mec de Arcade Fire (je sais pas si vous avez écouté les deux morceaux sur leur site, mais bon, RIP) de celui de the National, de celui de TV on the Radio, de l'un des deux de Wolf Parade, de David Byrne et de Prince en mode falsetto. Tout seul. Et ce qui est remarquable au final c'est que malgré la liste ci dessus -qui pourrait faire tourner de l'œil le plus marin d'entre nous- ils arrivent à se créer une trajectoire qui leur est propre et, pourquoi pas, à sortir un des très, très rares bons "albums" (format phonographique, XXe siècle) de 2010.

Menomena, ensuite, qui avec Mines, leur quatrième disque si-je-ne-m'abuse, arrivent super bien à continuer là où Pinback piétinent depuis quelques temps déjà (avec pas mal de classe quand même) et à enchainer des super morceaux, dont l'incroyable "Tithe", pour n'en citer qu'un, sachant qu'il y en a d'autres, qui joue avec les vides que les musiciens laissent entre eux, sorte de machine rythmique qui bougerait exactement comme quelque chose de plus organique qu'une machine, avançant inlassablement, accumulant sous ses vérins la terre des expériences passées.

Pour finir, mon chouchou du moment est américain (si!) et officie sous le nom de Wild Nothing. Le disque s'appelle Gemini et c'est sorti sur Captured Tracks, label New-Yorkais du mec de Blank Dogs, dont le très chouette "Under and Under" (2009) s'est fait une confortable place entre mes oreilles. Et donc, Wild Nothing ça sonne beaucoup comme des groupes anglais des années 80 tels que the Cure ou the Smiths, avec des lignes de basses incroyables ("Summer Holiday") et des paroles à tomber par terre ("you've got some charm i must admit/ don't let me wreck myself again"). C'est bourré de mélodies qui se chevauchent pour créer de petites merveilles de chansons d'un romantisme presque désuet, émouvantes, douces, chaudes et amères, comme le début de l'été.

jeudi 20 mai 2010

Deerhoof @Grillen, Colmar

01/05/2010


J'avais vu Deerhoof à l'époque de la sortie de Reveille, et j'en avais gardé un très bon souvenir, une sorte de pop 60s touchée par le syndrome de Tourette, avec des paroles enfantines et un batteur incroyable.

Un certain nombre d'années plus tard, Deerhoof ont affiné leurs compositions, continuant de les étirer dans tous les sens possibles, testant les limites de structures pop classiques. C'est en ça qu'ils réussissent, dans cette capacité à expérimenter tout en restant fondamentalement abordable, allant au final dans le même sens que les Beatles sur l'album blanc, c'est à dire en avant, mais beaucoup plus loin, en prenant comme parti pris de toujours privilégier les mélodies. Et donc, au final, Deerhoof sonne très classique et en même temps comme aucun autre groupe. C'est un groupe qui pourrait etre défini par une série de "Et si... ?", la possibilité d'une dimension parallèle dont eux seuls auraient les clés (ou une "Wrong Time Capsule"), où les années 90 n'auraient jamais existé. Une sorte de post-punk d'une autre dimension, un autre Devo qui serait le même mais pas le même. En gros. Regardez un épisode de Sliders si c'est pas clair.

Et sur scène ils s'amusent sincèrement, posent, empruntant autant aux no-waveux qu'aux groupes de stade, font sourire presque tout le monde, et jouent comme peu d'autres. La base du groupe c'est Greg Saunier, batteur incroyable, qui avec une caisse claire, une grosse caisse et une cymbale fous les boules à, euh, tous les autres batteurs. Son jeu touche au génie, il se dit très influencé par Keith Moon et ça se sent dans le sens où il propulse le reste du groupe en en mettant partout, mais bien. Ce qu'il fait peut paraitre chaotique au premier abord, mais a un sens évident pour lui et pour les autres et au final, pour nous. C'est assez magique et difficilement explicable. Saunier et John Dietrich (guitare) forment un duo de vieux étudiants timides et bourrés de tics, le genre de gars qu'on imagine très bien faire une compète de rubik cube dans un coin pendant que tout le monde est nu dans la piscine. Là dessus déboule de manière assez formidable Satomi Matsuzaki, bassiste bondissante et chanteuse énigmatique qui apporte une touche de fraicheur et des paroles moitié naïves moitié insensées et contribue pour beaucoup à l'identité que le groupe s'est créée au fil des années (voir paragraphe précédent). Le tout est complété par le charisme ensoleillé d'Ed Rodriguez, guitariste-showman souriant, qui semble ne jamais en revenir d'être là (ce qui est également génial), plein de patate et de panache.

Super concert donc, j'ai rarement vu un groupe arriver à autant communiquer son enthousiasme sans tomber dans le spectacle pur (ce qu'il ne faut pas faire. jamais). On se réveille le lendemain en se demandant si on a bien vu ce qu'on a cru avoir vu, ou si nos méninges se sont encore jouées de nous.

Concert organisé par Hiero Colmar.

Deerhoof: http://deerhoof.killrockstars.com